{"id":373,"date":"2025-06-06T07:56:45","date_gmt":"2025-06-06T07:56:45","guid":{"rendered":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/?p=373"},"modified":"2025-06-11T15:35:30","modified_gmt":"2025-06-11T15:35:30","slug":"assessing-the-impacts-of-large-scale-renewables-on-wild-animals-part-2-impacts-on-the-european-souslik","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/fr\/assessing-the-impacts-of-large-scale-renewables-on-wild-animals-part-2-impacts-on-the-european-souslik\/","title":{"rendered":"\u00c9valuer l'impact des \u00e9nergies renouvelables \u00e0 grande \u00e9chelle sur les animaux sauvages - Partie 2. Les impacts sur le Souslik europ\u00e9en"},"content":{"rendered":"<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Quels impacts ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s sur la faune dans les \u00e9tudes que vous avez identifi\u00e9es pour r\u00e9diger votre commentaire ?<\/h5>\n\n\n\n<p>Tout d&#8217;abord, je vais dire quelques mots sur les sousliks afin de mieux comprendre ces enjeux. Il s&#8217;agit essentiellement d&#8217;animaux semi-fossoriaux, c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;ils construisent des terriers sous terre. La profondeur maximale qu&#8217;ils peuvent atteindre est d&#8217;un peu plus d&#8217;un m\u00e8tre. Ils utilisent ces terriers pour dormir, pour se prot\u00e9ger, pour se reproduire et pour satisfaire tous leurs besoins biologiques, \u00e0 l&#8217;exception de l&#8217;alimentation qui a lieu \u00e0 la surface. Les sousliks se nourrissent de feuilles, de fleurs, de fruits et, dans une moindre mesure, d&#8217;animaux plus petits tels que des insectes, etc. En hiver, ils hibernent \u00e9galement dans ces terriers. Comme le montre le cycle de vie du souslik, les terriers qu&#8217;il construit sont d&#8217;une grande importance pour lui. C&#8217;est pourquoi il ne s&#8217;en \u00e9loigne jamais. Leur aire de d\u00e9placement, c&#8217;est-\u00e0-dire la zone dans laquelle ils op\u00e8rent pour satisfaire tous leurs besoins biologiques, a un rayon de quelques m\u00e8tres. Les m\u00e2les vont parfois plus loin, jusqu&#8217;\u00e0 500 m\u00e8tres ou 1 km.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour en revenir \u00e0 votre question, l&#8217;impact peut \u00eatre diff\u00e9rent selon l&#8217;\u00e9tat d&#8217;avancement des travaux. Lorsqu&#8217;ils sont en danger, les sousliks ne s&#8217;enfuient pas mais rentrent dans leurs terriers. Cela signifie que, dans la premi\u00e8re phase de la construction, tout ce qui affecte les terriers, comme une route ou un creusement, aura un impact sur les sousliks, les tuant souvent. Ces travaux auront \u00e9galement pour effet de compacter le sol. Le passage d&#8217;engins lourds ou la construction d&#8217;une route entra\u00eene le compactage du sol, ce qui a des r\u00e9percussions n\u00e9gatives sur tous les animaux vivant \u00e0 60 centim\u00e8tres sous terre.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;EIE r\u00e9dig\u00e9e par l&#8217;entreprise affirme qu&#8217;il n&#8217;y aura pas d&#8217;impact sur les esp\u00e8ces sauvages pendant la phase de construction, car les animaux quitteront temporairement la zone&#8230; Dans le rapport que nous avons soumis \u00e0 la consultation publique, j&#8217;ai d\u00e9montr\u00e9 que cette hypoth\u00e8se ne s&#8217;applique pas \u00e0 certaines esp\u00e8ces, en particulier le souslik. Comme d&#8217;autres esp\u00e8ces souterraines &#8211; telles que la taupe ou diverses esp\u00e8ces de petits rongeurs &#8211; le Souslik ne quitte pas facilement son territoire. Le souslik est \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 son terrier. Pendant les travaux de construction, ce genre d\u2019animaux ne se d\u00e9placera pas mais restera sous terre et sera tr\u00e8s probablement tu\u00e9. Il est important d&#8217;\u00e9valuer chaque esp\u00e8ce en fonction de ses besoins biologiques. Il s&#8217;agit d&#8217;une question \u00e9cologique s\u00e9rieuse que l&#8217;\u00e9tude ne prend pas en compte.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e9galement important de noter que, m\u00eame si les travaux de construction n&#8217;ont pas lieu exactement dans une zone o\u00f9 les sousliks sont pr\u00e9sents, cela ne signifie pas qu&#8217;ils ne seront pas impact\u00e9s. C&#8217;est ici que se pose la question des impacts indirects. Un exemple typique est la fragmentation de l&#8217;\u00e9cosyst\u00e8me. Les routes ou les installations cr\u00e9ent des barri\u00e8res artificielles qui entravent les mouvements naturels des animaux. Ces barri\u00e8res emp\u00eachent la communication entre les diff\u00e9rentes colonies d&#8217;animaux et entre les individus. En limitant les mouvements entre les populations, une barri\u00e8re g\u00e9n\u00e9tique &#8211; ce que la science appelle l&#8217;effet \u00ab&nbsp;goulot d&#8217;\u00e9tranglement&nbsp;\u00bb &#8211; se cr\u00e9e progressivement. Dans ces conditions, les populations commencent \u00e0 se reproduire de mani\u00e8re isol\u00e9e, ce qui augmente le risque de consanguinit\u00e9 et rend l&#8217;\u00e9cosyst\u00e8me plus vuln\u00e9rable aux pressions environnementales et aux maladies.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre risque indirect est la modification de l&#8217;habitat : en changeant le paysage et en construisant des routes, il est facile d&#8217;introduire des esp\u00e8ces envahissantes. Les graines, par exemple, peuvent \u00eatre transport\u00e9es par les animaux ou par les voitures et les machines. Chaque fois que nous cr\u00e9ons de nouvelles routes, nous augmentons les chances que les plantes parcourent de grandes distances et commencent \u00e0 coloniser de nouveaux endroits. Cela perturbe l&#8217;\u00e9quilibre de l&#8217;\u00e9cosyst\u00e8me local. Et il n&#8217;y a pas que les plantes, les animaux aussi utilisent les nouvelles routes pour se d\u00e9placer plus facilement sur de plus longues distances.<\/p>\n\n\n\n<p>En passant de la phase de construction \u00e0 la phase d&#8217;exploitation d&#8217;un parc \u00e9olien, il est possible que certaines colonies de Sousliks aient surv\u00e9cu. Des \u00e9tudes scientifiques montrent que la pr\u00e9sence d&#8217;une \u00e9olienne dans leur zone de vie provoque un stress permanent chez les animaux. Les h\u00e9lices produisent un son continu \u00e0 basse fr\u00e9quence, de sorte que les animaux ne sont pas bien conscients de leur environnement. Pour une esp\u00e8ce comme le souslik, qui est une proie pour les pr\u00e9dateurs, l&#8217;incapacit\u00e9 \u00e0 percevoir l&#8217;environnement entra\u00eene une vigilance constante. Biologiquement, cela signifie que leur corps produit constamment de l&#8217;adr\u00e9naline. Bien qu&#8217;il puisse survivre dans ces conditions, la pression chronique peut avoir un impact sur la reproduction, l&#8217;alimentation, la communication avec les autres Sousliks&#8230; Ils ont donc d&#8217;une mauvaise qualit\u00e9 de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme vous pouvez le constater, il existe diff\u00e9rents impacts pendant et apr\u00e8s la construction d&#8217;un tel projet. Cependant, pour les \u00e9valuer, il est absolument n\u00e9cessaire de s&#8217;appuyer sur la litt\u00e9rature scientifique et les \u00e9tudes qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es sur des projets similaires, en Gr\u00e8ce et \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. C&#8217;est la seule fa\u00e7on de comprendre les impacts r\u00e9els de tels projets sur l&#8217;\u00e9cosyst\u00e8me.<\/p>\n\n\n<p>\n\n\n\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lida Rammou is a postdoctoral researcher at the Department of Biology of the Aristotle University of Thessaloniki. She studies the Souslik, a species of squirrel that builds burrows below ground. Her current research, financed by WWF Hellas, focuses on Vermio\u2019s mountain in Western Macedonia which hosts the only mountain population of Sousliks and is targetted by several large-scale wind farms projects.<br \/>\nIn the second part of this interview, she describes the impacts of large-scale renewables on wild animals.<\/p>","protected":false},"author":3,"featured_media":382,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-373","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-interviews"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/373","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=373"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/373\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":395,"href":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/373\/revisions\/395"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/382"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=373"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=373"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/thetransitionofwork.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=373"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}